"Parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires pour le bonheur, les autres pour la tranquilité du corps, les autres pour la vie même." [Epicure]

dimanche 18 octobre 2015

Escapades Normandes & Harmonie du Présent


Nous avions réservé l’un des weekends d’Octobre comme une escapade sous les derniers feux de l’été indien. Notre destination : la Normandie. Cela partait d’un restaurant italien sympathique que ma femme connaissait dans l’une des villes proches de la côte où ils servent des tagliatelles au parmesan à la manière traditionnelle. Mais c’était aussi le charme particulier et très british de Deauville, Honfleur et Trouville qui a retenu notre attention.



Sur la route en venant de Bruxelles, détour par Amiens où nous nous arrêtons pour aller contempler les splendeurs gothiques de la Cathédrale et des dizaines de chapelles qu’on y trouve, de tout style (baroque, néo-gothique, …) et de toute époque. De l’ensemble se dégage pourtant une certaine harmonie, comme si les différents âges de l’édifice formaient finalement un tout cohérent et intégré. J’y vois là comme un des messages que ce lieu sacré cherche à transmettre à ses visiteurs : que chaque âge a quelque chose à transmettre, qu’aucune période de la vie ne doit être laissée au passé ou à l’avenir, qu’il faut pouvoir ramener tout en une harmonie au présent.

Intérieur de la Cathédrale d'Amiens, chaire baroque dans l'ensemble gothique. Crédits photos: des-pierres-et-des-papillons.over-blog.com

Nous reprenons la route. N’étant pas attendu au Bed & Breakfast avant le début de soirée, nous choisissons de poursuivre par les départementales afin de profiter du paysage. Heureux choix, la météo est estivale (environ 20 °C), le ciel bleu et le soleil haut. Les environs sont vallonnés, nous croisons de nombreuses jolies maisons, petits manoirs et châteaux dans le style architectural unique de la Normandie; sorte de croisement inespéré entre le côté rustique et campagnard des gentilhommières d’Outre-Manche et l’élégance classique des hôtels parisiens.

L'une des plus belles demeures que nous ayons vues sur notre route. Crédits photos: Panoramio

Au détour d’un pont, voilà que mon épouse pose sa main sur mon entrejambe et commence à masser doucement. Même si mon attention est sur la route et mes mains sur le volant, la réaction ne se fait pas attendre : ma queue s’est faite si dure et se trouve depuis lors si à l’étroit que j’accueille avec plaisir le fait que les mains de ma femme me déboutonnent mon pantalon, glissant ensuite sur le boxer et poursuivant leurs légères caresses, faisant exploser mon désir. Elle me dit qu’elle me veut. Nous sommes au milieu de la campagne, entre deux villages, sur une route où passent malgré tout quelques voitures. Je repère un sentier sur le côté, descendant vers un champ. Ni une, ni deux, je m’y engage et arrête la voiture devant l’entrée du champ. Ma femme proteste alors, trouvant soudainement l’idée saugrenue. J’insiste. Je lui dis de passer sur la banquette arrière. Elle s’exécute et je l’y rejoins. Je suis assis sur le siège, pantalon et boxers baissés, elle s’est quant à elle débarrassée de l’entièreté de ses vêtements du bas et se met à cheval sur moi. La dureté de mon désir est un peu retombée, mais quelques mouvements de frottement de son sexe contre ma queue et la voici de nouveau aussi ferme qu’un pieu. Ma femme s’empale sur moi et la voici sautant sur ma queue, poussant gémissements et cris de plaisir. Mes mains passent sous son pull, agrippent ses seins. Toute la voiture bouge et je souris en pensant que les voitures venant en sens inverse et ayant une bonne vue sur le sentier doivent bien se douter de ce qui est en train de se passer dans cette berline qui remue presque autant qu’une Cadillac de Compton. Nous continuons ainsi un petit moment, avant de tenter de changer de position pour aller vers une levrette. Hélas, n’étant pas des grands habitués de la banquette arrière – c’était la première fois que nous essayions – cela ne donne pas grand-chose, l’habitacle est tout de même étroit, la position est inconfortable, l’angle peu pratique et ma femme préfère arrêter.

Alors que nous reprenons la route, je lui dis que j’ai trouvé tout ça très excitant et plaisant malgré l’absence de « résultats » (entendez : orgasmes) et elle me répond par un « Mouais, bof. ». Une demi-heure plus tard, j’insiste : je tiens à dire que j’ai beaucoup apprécié que, même si ça ne s’est finalement pas révélé aussi bien qu’on aurait pu l’imaginer, nous ayons malgré tout essayé. Je lui parle de ces couples que nous connaissons et qui n’essayent plus, qui ne se permettent même plus ce genre de simples folies : suivre une pulsion, s’arrêter au bord d’une route et donner libre cours à leurs instincts. Beaucoup sont ceux et celles qui condamnent l’idée d’emblée, voire pire, n’osent même pas en parler à leur partenaire. Je lui dis que je suis fier de nous, fier que nous essayons encore sans nous soucier du résultat : ce n’était pas terrible cette fois-ci ? On fera mieux la prochaine fois ! D’ailleurs, à y repenser, je me suis dit que vu comment il faisait chaud ce jour-là, nous aurions dû simplement sortir de la voiture, prendre la grande couverture que je garde dans le coffre pour nos sorties aux lacs naturistes, aller l’étendre dans une clairière discrète et donner pleine expression à nos instincts sans le moindre habitacle pour restreindre nos mouvements!

 Paysages normands, aux bocages rappelant ma région d'origine. Crédits photos: tourinsoft.eu

Qu’à cela ne tienne, ce n’est que partie remise. Nous arrivons dans le Bed & Breakfast situé sur la côte peu après Honfleur : splendide demeure dans le style normand décrit plus haut, avec une vue imprenable sur la mer. Nous sommes sous le charme. Notre hôte nous offre un verre de cidre et des biscuits avant que nous reprenions la route pour rejoindre le restaurant italien et ses pâtes au parmesan traditionnelles qui se révéleront largement à la hauteur de nos attentes. Après cela, balade à la nuit tombée sur les remparts du château qui surplombe la ville. Baisers passionnés à la belle étoile avec ma femme qui a revêtu l’une de ses plus belles robes griffées, assortie d’une jolie paire de talons.

Mais la nuit n’est hélas plus aussi estivale que le jour, et nous trouvons refuge à la chaleur d’un centre de conférence situé à proximité et toujours ouvert malgré l’heure tardive, dont le bar est encore bien rempli et très animé. Nous nous aventurons dans le dédale plus calme des couloirs situés au sous-sol. Mon épouse repère une porte entrouverte et par curiosité, l’ouvre afin de voir ce qu’elle cache : une salle de conférence plongée dans la pénombre, seulement éclairée par les lumières du couloir provenant de fenêtres latérales aux portes. Elle se tourne vers moi, une lueur coquine brillant dans son regard. Aussitôt le feu s’allume dans mon bas-ventre. Nous rentrons dans la salle, fermons la porte derrière nous et j’emmène ma femme sur une des tables de l’estrade où je l’allonge sur le dos. J’écarte ses jambes, redresse sa robe, révélant ses jarretelles noires. Je glisse ma tête entre ses cuisses, écarte le léger morceau de dentelle cachant son intimité et y pose mes lèvres. Elle gémit aussitôt. J’embrasse son sexe, avant de laisser glisser ma langue sur les replis de ses lèvres intimes, fouillant celles-ci de mes lapements. Elle gémit de plus belle, tentant tant bien que mal de se contenir. Je pose ma main sur son pubis, et d’un mouvement des doigts révèle son bouton gonflé de désir, sur lequel je commence alors à concentrer mes efforts buccaux et mes coups de langue. Ses gémissements se font plus intenses, malgré ses tentatives pour les contenir. Je n’y tiens plus, ça me rend fou. Je me relève, déboucle ma ceinture, dégage ma queue durcie de désir. Contrairement à la voiture, nous n’avons pas de capotes avec nous. Qu’à cela ne tienne, j’ai envie d’elle et elle a envie de moi. J’attrape ses hanches et ramène son bassin plus proche du bord de la table. Et là, alors que je suis toujours debout et elle couchée de dos sur cette table, je la pénètre d’un seul coup. Elle crie presque. Le désir conduit tous mes mouvements de va-et-vient en elle, alors qu’elle gémit et pousse des petits cris à chacun de mes coups. La raison finit cependant par me rattraper et je me dis qu’il ne vaut mieux pas que je jouisse en elle, vu que la parenté n’est pour le moment pas notre première priorité. Nous nous arrêtons. Elle relève la tête et me sourit, heureuse. Nous quittons le centre de conférence sans que personne ne prête attention à nous.

Une fois sorti, je lui souris, la prend dans mes bras. Je lui redis ce que je lui ai dit plus tôt dans la voiture, à savoir Ô combien je suis fier de nous, de notre relation et du fait que rien ne nous arrête quand nous décidons de nous laisser aller à ce genre de petites folies, là où tant d’autres, de leurs propres aveux, ne s’y risqueraient pas, voire n’y penseraient même pas.

Jamais deux sans trois et il faudra attendre d’être revenus dans le confort de notre chambre au Bed & Breakfast pour donner une conclusion explosive à ces deux introductions très plaisantes. Il n’est décidément pas de meilleur sommeil que celui qui vous prend après la jouissance, pensais-je le lendemain matin.

Et ce n’est que plus tard que je réalise la portée du « message » de la cathédrale d’Amiens : que ce soit pour une relation, ou pour la vie personnelle, il n’est d’harmonie au présent que si l’on parvient à garder vivant le meilleur de chaque époque : les rêves et la curiosité de l’enfance, l’audace et les pulsions de l’adolescence, les engagements et les accomplissements de la vie adulte, ainsi qu’une certaine sagesse propre aux anciens. Et à travers ce séjour en Normandie, nous nous sommes prouvé que la part adolescente était encore bien vivante.

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