"Parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires pour le bonheur, les autres pour la tranquilité du corps, les autres pour la vie même." [Epicure]

vendredi 25 décembre 2015

Aux plus grands thermes naturistes du monde

Crédits photos: Therme Erding

C’était Noël avant l’heure. Mon épouse avait décidé de nous offrir une journée complète aux thermes d’Erding, les plus grands du monde (de leur propre avis et je n’ai pas trouvé de contre-indication jusqu’à présent) et dont la majeure partie est naturiste. L’endroit est en effet divisé entre une zone entièrement naturiste où se trouve la majeure partie des saunas, une autre zone textile divisée entre un parc de jeux aquatiques et un ensemble de toboggans, dont certains sont parmi les plus extrêmes d’Europe. (Notamment, l’un propose une vitesse de glissade pouvant aller jusqu’à 72 km/h et un autre donne un sentiment de chute libre avec une pente à 60%) Nous avions décidé que si nous comptions bien passer la majeure partie de notre temps dans la zone naturiste, nous irions également explorer les attractions de la zone textile.


Nous arrivons à l’ouverture. Il y a déjà une cinquantaine de personnes qui font la file aux différentes caisses pour entrer dans la zone saunas. Une fois à l’intérieur, le complexe est si grand qu’il nous faut une carte pour repérer où se trouve l’emplacement que nous avions réservé dans une sorte d’espace VIP coupé du reste et composé de plusieurs suites avec balcons surplombant l’ensemble. Ma femme nous a réservé un « Lit du Paradis », qui se trouve être un bon compromis entre les espèces de huttes avec rideaux qui, bien que très jolies, ont l’air assez étroites, et les suites avec balcons qui, bien que plus onéreuses, n’offrent pourtant aucune intimité, le staff pouvant entrer à tout moment pour « vérifier qu’on n’a besoin de rien ». Notons qu’il y a possibilité de réserver une suite privative pour près de 200 EUR la journée, mais nous avons passé notre tour pour cette fois.


Le lit du paradis. Crédits photos: Therme Erding

Nous avons débuté dans la zone textile pour aller jeter un coup d’œil au bassin à vagues, ayant tous les deux des souvenirs d’enfance marqués par ce genre d’attractions où nous jouions les naufragés de quelque navire perdu dans une tempête tropicale. Si l’attraction est amusante, je pense que ça nous paraissait plus grand et plus impressionnant quand nous étions petits. Nous nous laissons balancer quelque temps, avant de se regarder l’un l’autre et, avec la même étincelle dans les yeux, nous exclamer « Bon, c’est bien beau tout ça, mais je ne supporte déjà plus ce maillot. Let’s get naked ! »

Nous regagnons donc notre espace privé et nous nous débarrassons de nos maillots humides. Sensation de liberté immédiate. J’enroule une serviette de bain autour de ma taille (comme il s’agissait d’une surprise, mon peignoir habituel était resté à Bruxelles) et ma femme fait de même. Nous voici partis pour nous baigner dans la piscine de la zone naturiste. Le bassin est divisé entre une partie intérieure et une partie extérieure. L’eau est chaude (34°C) et en de nombreux endroits on trouve des couchettes ou des bancs équipés de système de massage à bulles. Il y a également deux bars directement dans la piscine (comme dans certains resorts des tropiques) proposant tout type de boisson, l’un à l’intérieur et l’autre à l’extérieur. Nous faisons un tour de l’entièreté du bassin, déjà bien rempli par des gens de tout horizon et de tout âge, avec tous les physiques possibles représentés. Il y a quelque chose de beau dans l’aisance que ces gens ont de dévoiler leurs corps nus. Même certaines femmes, pourtant marquées par l’âge et par un certain poids, ont une beauté et un charme bien à elles dans la manière dont elles s’exposent dans le plus simple appareil. Il en va de même pour certains hommes. Si la beauté est certes une affaire d’apparence et d’une certaine harmonie physique, je reste persuadé qu’une confiance tranquille vis-à-vis de sa propre nudité et de son propre corps est un élément indispensable, à la fois pour les hommes et pour les femmes. C’est ainsi qu’une femme confiante bien que peut-être un peu plus large et plus âgée qu’une autre aura toujours l’avantage sur cette dernière si celle-ci manque de confiance en elle et porte sa gêne dans chacun de ses mouvements et dans ses expressions faciales. C’est d’ailleurs quelque chose que j’adore avec mon épouse et qui la rend diablement belle : elle a un physique superbe ET elle n’a que faire de la pudeur. Elle se serait déplacée nue sans serviette de bain l’entièreté de la journée si le règlement du sauna n’avait pas dit qu’ils attendaient de leurs clients qu’ils se déplacent couverts…

 La piscine intérieure naturiste et son bar. Crédits photos: Therme Erding

Nous sommes ensuite sortis pour aller vers le premier sauna que nous avions choisi, le Firmament-Warte, qui se veut être une sorte de planétarium couplé à un sauna sec de 55°C, soit une bonne température pour débuter. Hélas, même si l’idée de mélanger sauna et planétarium est excellente, l’animation projetée sur la coupole doit dater des années 90, avec une pauvre 3D. (Pour tout dire, la dernière fois que j’ai vu une multitude de pixels carrées blanches sur fond noir supposées être des étoiles, c’était sur l’écran de veille d’un PC équipé de Windows 3.1x) Nous sommes un peu déçus et, de ce fait, ne nous éternisons pas.

Entre deux baignades, nous essayons deux autres saunas, le premier à 75°C (Aromasauna), dont l’air était également rempli d’arômes et le second, le Rosenpavillon, à 85 °C et dont les murs évoquent un pavillon du 19ème Siècle couverts de roses séchées. Les deux se révèlent à la température parfaite pour faire perler une saine sueur sur l’entièreté du corps, faisant respirer tous les pores de la peau. Mon propre plaisir après chaque séjour dans cette chaleur est de me plonger dans l’eau glacée, que ce soit avec une douche où un bassin prévu à cet effet. Cela crée un contraste salvateur avec la chaleur et je peux ensuite aller me balader presque nu à l’extérieur alors qu’il n’y a pas 10°C sans craindre le moindre refroidissement.

 Le sauna Alpenstadl, que nous avons visité dans l'après-midi. Crédits photos: Therme Erding

Nous avons ensuite pris le lunch sur place. L’endroit offre différents types de restaurants, l’un italien, l’autre plus traditionnel bavarois et enfin de la cuisine thaï. Nous nous sommes décidés pour cette dernière. Une fois le délicieux repas terminé, nous avons pris un verre au bar aquatique. Je pense d’ailleurs qu’il s’agit de la première fois que je déguste une pinte de cervoise au milieu d’une piscine. C’est assez cocasse.

Après le verre, nous avons poursuivi l’exploration d’un autre sauna comprenant un four à pains (hélas, il n’est utilisé qu’à intervalle régulier lors des animations faites par le staff) et le test des douches « calla » qui évoquent des fleurs que moi et ma femme avons en horreur et que nous avons renommés « fleurs pénis » car c’est tout ce qu’elles nous évoquent. Néanmoins, en tant que douches, elles sont sympathiques, quoiqu’un peu kitch. Nous remettons nos maillots l’espace d’un instant pour aller tester les toboggans, dont les deux extrêmes que j’ai mentionné plus haut et qui sont assez sympathiques, surtout la chute libre qui prend vraiment aux tripes. De nouveau, il ne faut pas longtemps avant que les maillots nous soient insupportables et que nous battions en retraite vers la zone naturiste.

Entretemps, le crépuscule tombe tout doucement en cette fin d’après-midi et les piscines intérieures et extérieures sont plongées dans une semi-pénombre. Cela réveille tout de suite certains instincts en nous : le fait d’être nus dans l’eau, la pénombre, mais aussi ça et là d’autres couples qui sont serrés très trèèès proches l’un de l’autre. Ca nous donne des idées. Mais nous restons sages pour le moment. Nous concluons que parmi tous ces saunas, hammams, solariums, bassins, etc. il manque un « fornicum », un endroit où les gens pourraient se rendre juste pour baiser. Hélas, je doute fort que cela serait toléré dans la très catholique Bavière et, surtout, les plus grands thermes du monde deviendraient le plus grand club libertin au monde. Pas sûr que la fréquentation serait toujours aussi importante vu la réputation qui serait alors associée à l’endroit.

Les douches "calla". Crédits photos: Therme Erding

Néanmoins, je dis à ma femme que dans l’eau, les sensations sont normalement diminuées. Elle me met au défi de la toucher, « pour voir ». Je m’exécute, glissant sous l’eau ma main entre ses cuisses, remontant jusqu’à son sexe, et touchant d’abord ses lèvres intimes, avant d'aller jusqu’à son clitoris. Elle ferme les yeux, absorbée par le plaisir qui la gagne. Les sensations ne sont clairement pas diminuées pour elle. Elle me glisse alors à l’oreille de lui introduire un doigt. Il ne me faut pas plus pour que ma queue se change en un pieu bien dur. Nous sommes dans un coin de la piscine et comme l’eau n’est pas si trouble, n’importe qui passant un peu trop près pourrait remarquer notre petit manège. De même, il y a également une sorte de « mirador » où un membre du staff surveille ce qu’il se passe dans le bassin. Soudain, les bulles du centre du bassin se mettent en marche, troublant l’entièreté de l’eau à cet endroit. Nous plongeons au milieu d’elles et là, ma femme s’enserre autour de ma taille et insère ma queue en elle. Je peux voir l’expression de plaisir gagner son visage. Les bulles nous couvrent des regards des nageurs passant à proximité et un coup d’œil vers le mirador m’informe que l’employé balaye le bassin de son regard, s’arrêtant de temps à autre sur nous. Après quelques légers mouvements de va et vient où je suis au bord de l’orgasme tant l’excitation est grande (et pourtant, je n’ai rien d’un exhibitionniste !), nous nous interrompons, ma femme s’éjecte de ma queue et nous battons en retraite vers un endroit plus reculé du bassin.

Ambiance nocturne. Crédits photos: Therme Erding

Là, alors que l’eau est beaucoup plus claire et qu’il y a des gens à proximité, ma femme me demande de la fixer droit dans les yeux, sans détourner le regard. Mes yeux plongés dans les siens durant plusieurs secondes, mon désir ne fait que se décupler et ma queue est plus dure que jamais. Les gens aux alentours s’éloignent. Nous voilà presque seuls. Ma femme descend sa main et empoigne mon sexe, toujours aussi dur. Elle semble surprise et me dit alors qu’il faut bien en faire quelque chose. Elle se glisse à nouveau autour de ma taille et me voici en elle, cette fois nous sommes beaucoup plus exposés qu’au milieu des bulles bien que l’endroit soit plus reculé. Je tente de bouger légèrement, sentant qu’il ne me faudra pas grand-chose pour jouir. Ma femme s’inquiète soudainement que des gens pourraient nous remarquer. Je lui dis qu’il n’en est rien, que ceux proches de nous ne nous prêtent aucune attention. Un rapide coup d’œil vers le mirador m’informe que l’employé est en conversation avec un de ses collègues, nous tournant le dos. C’est l’opportunité rêvée. Je tente des mouvements plus osés, mais c’est délicat. Surtout, un autre couple plus âgé s’est rapproché et visiblement, ils ont compris ce qu’il se passait car la femme lance un regard à son mari, suivi d’un levage de sourcils dans notre direction. Mon épouse ne les a pas vus. Je n’y prête pas attention mais nous ne bougeons plus, étant toujours collés l’un à l’autre. La tension et l’excitation sont à leur paroxysme. Et, alors que ma queue, dure à m’en faire mal, est toujours en elle, ma femme donne deux légers mouvements du bassin qui me font jouir instantanément. Je ne laisse rien transparaître. Et je l’informe de l’effet qu’elle vient de me faire. Elle me regarde, incrédule, puis sourit. Nous restons collés l’un à l’autre, détendus et heureux.

Puis je m’éloigne, reviens vers elle. L’embrasse. Je l’informe aussi du fait que l’autre couple a remarqué quelque chose. Elle rigole. Un rapide coup d’œil vers eux me confirme qu’ils ne font déjà plus attention à nous et que s’ils ont pu saisir ce que nous avions commencé, ils n’ont sans doute pas saisi comment ça s’était terminé, vu que ce fut relativement rapide et discret. Dans les jours qui suivent, ma femme regarde un peu sur internet et constate que nous sommes loin d’être les seuls à nous être laissés tenter. A y repenser, il est vrai qu’on se sent un peu coupables d’avoir ainsi forniqué dans un endroit qui n’est normalement pas fait pour ça. Mais la nudité, l’eau chaude, le clair-obscur volontaire de l’éclairage, tout cela a complètement allumé notre instinct sexuel et il aurait été vraiment très – trop – frustrant de ne pas céder à la tentation. Nous pensons d’ailleurs que si vraiment ces écarts présentaient un problème majeur pour les thermes, ils traiteraient la question avec plus de sévérité. (Les thermes belges que j’ai visités rappellent par exemple à de nombreuses reprises à leurs clients les sanctions qui pèsent pour qui se laisse aller à ses pulsions…)

Enfin, nous avons terminé notre visite par un peeling au sel dans le sauna Salzsteinzimmer au milieu d’autres couples venus pour l’occasion. Un employé est venu, jovial et détendu, malgré qu’il soit le seul habillé d’un T-Shirt et d’un short au milieu de gens nus, pour distribuer le sel. Nous l’avons étendu sur nos corps, s’occupant chacun du dos de l’autre. Un passage aux douches callas et nous étions repartis pour les vestiaires pour quitter les lieux un peu avant le dîner.

Noël avant l’heure, vous dis-je.

2 commentaires:

  1. Même dans les thermes non-naturistes j'ai vu des couples déraper, donc pas de surprise de voir que ça arrive ici. J'ai visité leur site, ça a l'air gigantesque. On n'a rien de comparable en France, merci pour la référence!

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    1. Avec plaisir. Je pense en effet que de mémoire humaine, à chaque époque où des thermes ont existé, notamment dans la Rome antique, ce genre de "dérapages" était monnaie courante.

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