"Parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires pour le bonheur, les autres pour la tranquilité du corps, les autres pour la vie même." [Epicure]

samedi 13 février 2016

Capote, plus que jamais.



Je ne vais rien vous cacher, notre activité hédoniste a été plutôt consensuelle et exclusive depuis le début de l'année. Je ne suis sorti nulle part, n'ai vu personne et mon épouse n'a jusque-là vu aucun amant non plus. Mais on a eu quelques moments mémorables rien qu'à nous deux.

Ma femme n'utilisant pas de contraception hormonale et n'étant pas particulièrement pressés d'engranger une descendance, nous devons nous en tenir au préservatif.

Prérequis indispensable de tout libertinage (il ne nous viendrait pas à l'idée de nous en passer avec des partenaires extérieurs, même en cas de contraception hormonale, car on est suffisamment conscients de toutes les saloperies de MST qui existent, dont le SIDA n'est jamais que la pire, mais herpès, gonorrhée et chlamydia ne sont pas mal dans leur genre non plus) , le petit bout de latex a ses inconvénients auxquels tous sont familiers:


  • L'emballage n'est pas facile à ouvrir: il faut toujours trouver le "bon" côté qui n'est pas toujours indiqué pour déballer la chose.
  • Deviner dans quel sens il faut le mettre: autre petite facétie de l'objet. Un examen des rebords doit normalement l'indiquer (je me dis qu'ils sont aussi normalement toujours emballés dans le même sens par rapport à l'emballage, mais dans le feu de l'action je n'ai jamais songé à regarder lequel ça pouvait être. A vérifier)
  • Faire toutes ses opérations en gardant la queue ferme et dure: Aller tenter de ranimer une bite molle couverte d'un préservatif, c'est en général peine perdue.

Et une fois qu'il est enfilé en bonne et du(r)e forme, les inconvénients ne s'arrêtent pas là:
  • Les sensations sont vachement réduites: pour la femme comme pour l'homme, on perd une bonne partie des impressions, surtout au niveau de la température de chaque membre.
  • Le sexe oral est quasiment à oublier: personnellement je ne vois aucun intérêt de me faire sucer en ayant un préservatif autour de la queue et même, je ne tiens pas à ce que ma partenaire ait à sucer du latex. (notons que comme notre utilisation du préservatif est purement contraceptive, on peut heureusement s'en passer ici)
  • Le latex peut éventuellement créer des irritations chez la femme.

Mais malgré tous ces inconvénients, nous nous sommes accommodés du préservatif pour la plupart de nos rapports.

Et puis, il y a ces périodes magiques, juste avant que mon épouse n'ait ses règles, où l'on peut se passer de la capote car aucun risque côté grossesse. Et là, c'est toujours un plaisir inégalé de faire l'amour sans entrave, de sentir à nouveau toutes ces sensations autour de nos sexes lors de l'acte: la consistance des membres, l'humidité, les changements de température et les mouvements de la chair... C'est le retour de tout un monde de sensations dont le préservatif réduit en général la perception.

Récemment, nous avons eu un des ces moments où nous avons fait l'amour sans préservatif. Il en est ressorti que:

Sans capote, la pénétration est toute autre: mon gland se fraye un chemin à travers les parois muqueuses, chaudes et humides du sexe féminin et j'en ressens chaque millimètre. Même chose pour elle.

Sans capote, chaque mouvement de va-et-vient se ressent complètement, décuplant le plaisir. La connexion devient intime et profonde; c'est comme s'il y avait un courant qui s'établissait entre les deux corps, créant une sorte de symbiose de chaleur et d'énergie qui se répand bien au-delà des sexes et va même jusqu'à atteindre l'Esprit. En effet, la plupart du temps, je sais que j'aime ma femme. Mais quand cette connexion est là, ce n'est plus seulement un savoir rationnel et émotionnel, j'ai la sensation de cet Amour qui irradie dans chaque partie de mon corps et qui me fait sentir, l'espace d'un instant, que je suis exactement où je dois être, en compagnie de celle avec qui je dois être. Un tel état parle à l'Esprit - l'âme - et tient presque du fameux nirvana.

Sans capote, la jouissance masculine devient une explosion de plaisir: ma femme peut sentir quand je me répand en elle et, pour ma part, je n'ai pas immédiatement cette désagréable sensation de sentir ce bout de latex qui pendouille au bout de mon membre avec les restes de ma semence. Je peux me retirer sans risque et venir câliner ma femme, là où avec une capote, je dois me retirer, retirer celle-ci et pouvoir la déposer quelque part où elle ne salopera rien, avant de pouvoir câliner ma femme.


Mais le préservatif risque encore de rester nécessaire longtemps je pense, surtout pour le libertinage. J'ai horreur de commenter l'actualité directe, mais avec l'émergence de Zika et le fait qu'on ne sait pas encore si ce virus peut se transmettre par voie sexuelle ou par le simple fait de s'embrasser (pour rappel, des labos brésiliens l'ont trouvé en forme active à la fois dans de la salive et dans de l'urine), je pense qu'il va falloir redoubler de précautions tant qu'on n'en sait pas plus sur les modes de transmission et les dangers réels de ce nouveau-venu...


Dès lors, plus que jamais: sortez couverts.


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